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  • Max de Génie

Le sucre: drogue du 21ème siècle

Mis à jour : 11 juin 2019


Combien de morceaux de sucres pensez-vous avaler chaque jour? Deux, cinq, dix? Si on vous disait qu'en réalité, vous en consommiez bien plus?


Faisons le calcul: Une portion de céréales au petit-déjeuner: comptez trois morceaux de sucre. Un verre de 25 cl de jus d'orange 100%: 4 morceaux. Une canette de soda à midi: ajoutez-en sept. Un yaourt aux fruits ou une compote en dessert: additionnez deux sucres. Une barre de céréale aux fruit pour le goûter: comptez un morceaux et demi supplémentaire. Au total, sur une journée, l'addition peut vite devenir très, voire trop lourde.


Parce qu'en effet, quelques grammes de cette fameuse poudre blanche suffisent pour nous réconforter en un instant.

Le sucre est devenu aujourd’hui omniprésent dans notre alimentation. On le retrouve partout, et il se cache parfois là où on ne l’attend pas. Pain de mie, conserves de petits-pois, jambon blanc, ou même sauces tomates… Et si il n’apparait pas sous son nom classique, on le retrouve souvent sous l'appellation saccharose, fructose, sirop de glucose, maltodextrine… En tout, on ne constate pas moins de 56 appellations différentes.

Or plus on en consomme, plus on en veut. Le sucre a été prouvé pour agir sur notre cerveau comme une drogue, sur les neurones qui produisent l’hormone du bien-être: la dopamine. Serge Ahmed, chercheur à l’université de Bordeaux, a piloté une étude sur le potentiel addictif du sucre sur le rat. Celle-ci démontre que 90% des rats préféraient le sucre à la cocaïne. Ces tests permettraient donc de déduire que “le sucre exerce un effet d’attraction et une forme de récompense au moins comparable à ceux des stupéfiants”.

Résultat, si l’on en consommait moins de 2 kilos par personne par an dans les années 1800, aujourd’hui, chaque français consomme en moyenne 35 kilos, soit l’équivalent d’environ 100 g par jour (ou 20 carrés de sucre).

Pourtant, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande une consommation journalière de 25 g maximum. C’est l’équivalent de la quantité de sucre contenue dans un verre de coca de 220 mL. Très inquiétant quand on sait que de nombreuses études ont prouvé que consommer trop de sucre avait des effets néfastes sur notre santé, notamment sur la résistance à l’insuline (et par conséquent le développement de diabète de type 2), les maladies cardiovasculaires, l’obésité et d’éventuelles stéatoses ou cirrhoses hépatiques.



Et comment en est-on arrivé la ?


On a longtemps pointé du doigts les graisses saturées dans l'alimentation comme étant à l’origine de la prise de poids. Avec leur 9 calories par gramme, elles étaient facilement incriminables comme étant les principales responsables du surpoids ou des maladies cardiovasculaires. Les glucides (notamment le sucre), avec seulement 4 calories par gramme, de l'autre coté, ont été parés de toutes les vertus. De plus, dans les années 1970, une étude faite à l’Université d’Harvard a même établi un lien entre consommation de graisses saturées et prévalence des maladies cardiovasculaires. On apprendra cependant que très récemment que l’industrie sucrière avait à ce moment là payé 3 chercheurs en charge de l’étude afin de fausser leurs résultats. L’industrie agro-alimentaire a alors commencé à éliminer les graisses des aliments transformés, notamment les bonnes graisses, au profit du sucre, qui les a peu à peu remplacés.

Ce n'est que récemment en 2014, voyant l’épidémie d’obésité et de diabète au niveau mondial, que l’OMS a enfin officiellement donné les sucres cachés comme responsables et établi une recommandation sur la consommation journalière.


Alors comment limiter sa consommation de sucre ?


  • Cuisinez le plus possible vous même ! Manger plus d'aliments frais et bruts par rapport aux produits industriels transformés et ultra transformés réduira considérablement votre apport en sucres. Et si vous avez un emploi du temps chargé, n'hésitez pas à profiter des journées pluvieuses où vous êtes en congés pour cuisiner de grandes quantités! Congelez les surplus en portions individuelles. Cela vous fera de bons repas nutritifs que vous n'aurez plus qu'à faire réchauffer en rentrant du boulot.

  • Quand vous n'avez pas le choix, apprenez à analyser les étiquettes des produits industriels. Soyez prudents, même les aliments insoupçonnés (par exemple la sauce tomate, le pesto...) peuvent contenir du sucre. Et rappelez vous, la liste est longue pour désigner cette petite poudre blanche.

  • Un autre conseil, évitez de faire les courses lorsque vous êtes affamés, avant l'heure du déjeuner par exemple. Cela vous évitera de vous laisser séduire par l'allure alléchante des produits très sucrés ultra-transformés.


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