Témoignage et conseils : Les sorties, l’alcool et le diabète de type 1

Témoignage et conseils : Les sorties, l’alcool et le diabète de type 1

Lecture : 17 minutes

Nous sommes très heureux de poursuivre cette série d’articles dédiés à l’accompagnement des personnes diabétiques de type 1 et leur entourage. Dans cet article, nous abordons le sujet des soirées et sorties entre amis quand on est diabétique de type 1, et notamment la gestion de l’acool et du diabète. Parce que ces moments sont importants dans une vie, et qu’il n’est pas question de s’en priver sous prétexte que le diabète soit un frein à la vie sociale ! Moment de convivialité par excellence, synonyme de plaisir et de bonne humeur pour certains, les soirées et notamment les sorties alcoolisées peuvent pourtant être effrayantes. En effet, il existe de grands risques d’hypoglycémie ou d’hyperglycémies lors de ces sorties nocturnes parce que tant l’activité physique que les boissons consommées, souvent sucrées et potentiellement alcoolisées, vont impacter la glycémie. Alors, cet article s’adresse à tous les jeunes ados qui découvrent ces plaisirs de la vie. Il sera aussi intéressant pour tous les parents qui les entourent et qui sont partagés entre la crainte d’un souci et l’envie de faire confiance à son enfant.

Cet article voit le jour grâce à Coralie du compte Instagram Coco_and_Podie

Cet article est écrit en collaboration avec Coralie, adorable jeune femme de 25 ans qui nous a expliqué, sans tabou ni restriction, ses aventures avec le diabète durant ses soirées. De l’adolescence à son statut de jeune travailleuse active, elle a eu l’occasion de vivre de nombreux moments festifs au cours desquels son diabète ne l’a pas empêché de vivre ni de profiter. Si vous ne la connaissez pas encore, nous vous invitons à aller la suivre sur Instagram sans plus tarder. Découvrez son compte @coco_and_podie rempli de bonnes ondes positives sur lequel elle partage son quotidien et vous donne toutes ses meilleures astuces pour améliorer le vôtre. Comme elle le dit si bien, elle est inspirée par le diabète pour vous inspirer en retour !

Disclaimer alcool

Au cours de cet article, nous allons être amenés à aborder le sujet des boissons alcoolisées. Nous tenons à vous mettre en garde concernant les dangers de l’abus d’alcool, notamment à un jeune âge. Nous n’incitons aucunement les personnes à en consommer et tenons à rappeler que l’alcool n’est nullement indispensable à la réussite d’une soirée. 

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Une petite mise en contexte s’impose !

La découverte de son diabète

Coralie a 25 ans, et elle a été diagnostiquée diabétique de type 1 à l’âge de 9 ans. À ce jeune âge, pas évident de comprendre ce qui nous arrive. Elle nous raconte ainsi une petite anecdote marquante lors de la découverte de son diabète : 

Coralie : “Quand j’étais petite, j’avais l’habitude de manger des Pitch pour goûter. Et du jour au lendemain, je n’ai plus eu le droit de manger mon goûter préféré ! Petite, on m’a simplement expliqué que je devais éviter les choses trop sucrées pour bien équiliber les doses. Du coup, je suis passée à la petite tartine au fromage ! Changement brutal pour la grande amatrice de pitch au chocolat que j’étais … 😉 Finalement, une fois adulte, on peut tout manger ! Mais que l’enjeu est d’adapter la dose d’insuline à la quantité de glucides ingérés ”

Du stylo à la pompe, un changement libérateur qui a demandé un certain processus

Au niveau du traitement, Coralie a été sous stylo pendant 12 ans. Elle est ensuite passée à la pompe il y a environ 5 ans, et elle révèle que ça lui a littéralement changé la vie ! Elle raconte toutefois que ce changement ne s’est pas fait tout seul. 

Coralie : “Avant, je ne voulais pas de pompe. Je pense que je n’étais pas prête à regarder le diabète en face, alors je ne voulais rien de visible sur mon corps qui me le rappelait. Mais il arrive un stade où on se sent prêt à le reconnaître, à y dédier du temps pour le comprendre et à mettre en place un traitement certes plus visible mais finalement plus confortable et plus efficace à mon sens. C’est un vrai processus d’acceptation que seule la personne diabétique doit faire dans sa tête.”

Les sorties entre amis, une histoire de curseur et d’équilibre

L’équilibre entre “moments de vie” et “moments de contrôle”

Justement, cet équilibre, Coralie le trouve en s’accordant aussi des moments où elle se permet de lâcher la pression. Elle nous explique ! 

Coralie : “Il y a des soirées où on se dit que ça ne sert à rien de contrôler. Dans ces cas-là, ça fait du bien aussi de s’autoriser à être un peu moins vigilant, tant qu’on rattrape après, évidemment ! Le but n’est évidemment pas de rester à 3 grammes pendant 2 jours, ce n’est pas ce que je dis ! Mais c’est tout à fait acceptable de se dire “Aujourd’hui c’est mon anniversaire, je n’ai pas envie de m’embêter à vérifier que je suis bien à 1g parce que je vais peut-être danser, on va peut-être marcher beaucoup, … ” de fait je m’autorise à etre élevée le temps de la soirée. En revanche, il faut rattraper dès qu’on rentre chez soi, se faire son bolus pour être bien !”

Partie 1 : Avant la soirée

Avoir un entourage serein et bienveillant

L’importance d’avoir des parents confiants

Quand on commence à sortir entre amis, c’est très généralement quand on sait déjà gérer son diabète seul. Cette autonomie dans le traitement est d’ailleurs primordiale pour la sérénité de chacun lors d’une soirée ! Coralie nous raconte comment ça s’est passé pour elle : “Ma famille m’a très rapidement fait confiance. Ma mère checkait évidemment que tout allait bien, mais je ne me souviens pas avoir eu de messages d’elle toute la soirée parce qu’elle était stressée !”

“On m’a toujours définie comme indépendante, c’est peut-être grâce au diabète il faut dire que ça responsabilise énormément .”

Prévenir ses amis, un soutien vital

Coralie : “Mes copines savent toutes que je suis diabétique. Elles ne connaissent pas forcément la marche à suivre si je fais un coma par exemple, je ne les aies pas toutes briefées avant de partir en soirée pour éviter de les stresser outre mesure! Par contre j’ai toujours quelqu’un qui est au courant de mon diabète auprès de moi. Si je leur dis que je ne me sens pas bien, elles savent très bien qu’elles doivent partir me chercher un coca par exemple ! Dans l’hypothèse où mon cas ne s’arrangeait pas, j’ai toujours une amie dans le groupe qui connait la marche à suivre ”

Qu’est-ce qu’on emporte avec soi en soirée quand on est diabétique?

Coralie : “J’emporte toujours du matériel avec moi, sans exception ! J’ai malheureusement dû abandonner les petits sacs à main 😉. À minima, je prends toujours avec moi la pompe, le freestyle et de quoi me piquer le doigt. Quand on sort, on danse, on transpire, il suffit alors d’un coup dans le bras pour que le freestyle saute. Il faut toujours avoir un truc pour se piquer ! 

Si je suis loin de chez moi et que je ne dors pas chez moi, je prends toujours une pompe à insuline dans mon sac, au cas où. Si je sais que je rentrerai chez moi, je me dis que je la changerai à la maison si j’ai un souci. Et puis, il faut déjà le faire pour faire tomber la pompe !”

matériel diabète sur fond bleu

Pensez donc toujours à emporter votre matériel avec vous, et tant qu’à faire, à avoir un compagnon de soirée qui gardera un œil bienveillant sur vous et vous demandera de temps en temps si tout va bien ! Un petit « t’es à combien? » d’une copine touche en plein coeur !

Avant de partir à une soirée, qu’est-ce qu’on mange quand on est diabétique?

Il existe trois grands cas de figure pour lesquels le comportement idéal à adopter n’est pas le même. 

Si vous planifiez de consommer de l’alcool lors de la soirée, soyez particulièrement vigilant à ne pas partir l’estomac vide. En effet, des études prouvent que le pic de d’alcoolémie sera atteint très rapidement après ingestion si vous n’avez rien mangé avant, car l’alcool sera plus vite diffusé dans votre sang.

Si la soirée a lieu chez quelqu’un

Dans le cas où la soirée se passe chez des amis et qu’il y aura des choses à manger sur place, ce n’est pas vraiment problématique. On peut grignoter des choses, le frigo est à proximité et il ne sera pas compliqué de prendre un jus d’orange par exemple. C’est la situation la plus facile à gérer ! Ici, il n’est donc pas forcément nécessaire de manger avant d’aller sur place.

groupe amis fête maison repas

Si la soirée a lieu à l’extérieur, en bar ou en discothèque

Si on ne maîtrise pas bien l’environnement dans lequel va se dérouler la soirée, il est vraiment préférable de partir avec le ventre plein. Coralie a l’habitude de manger des sucres lents comme des pâtes par exemple, pour que ça lui tienne bien au ventre et que la courbe de glycémie ne soit pas brutalement en hausse.

Coralie : “Il faut prévoir la possibilité qu’il y ait beaucoup de monde au bar par exemple, qu’on n’arrive pas à y accéder rapidement alors qu’on est en hypo. Ça peut être une grande source de stress ! Donc je conseillerais de toujours partir le ventre au moins à moitié plein pour minimiser les risques.”

mains en l'air discothèque

Si on va manger au fast-food

Dans le cas où il est prévu d’aller manger au fast-food durant ou avant la soirée, la question de manger avant de partir ne se pose pas vraiment. Par contre, vous n’êtes évidemment pas sans savoir que la combinaison d’un menu burger + frites en format XXL, et peut-être même de la glace en dessert, sera l’hyper assurée. 

Coralie : “Si je sais qu’on va manger un peu trop gras, je vais toujours essayer de contrebalancer. Si je prends un burger par exemple, je ne vais peut-être pas prendre des frites avec mais plutôt une salade.”

fastfood burger frites

“En tant que diabétique, on a le compas dans l'œil pour compter les glucides !”

À titre d’exemple, comptez 42 g de glucides pour une portion de frites de taille moyenne chez une enseigne bien connue de la Fast-food, et 32 g de glucides pour un burger au fromage de taille moyenne.

Partie 2 : Pendant la soirée

Pendant la soirée, quelles boissons peut-on boire lorsqu’on est diabétique?

Petit aparté : Nous allons ici aborder le thème des boissons alcoolisées. Bien sûr, l’alcool n’est pas du tout indispensable à la réussite d’une soirée et nous ne voulons en aucun cas inciter qui que ce soit à boire de l’alcool. Par ailleurs, l’alcool est à consommer avec modération peu importe la situation, si tant est que la personne ait décidé d’en consommer d’elle-même et qu’elle soit en âge de le faire.  

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Cas n°1 : Les boissons sans alcool et le diabète

Passons d’abord en revue les softs que vous pouvez consommer lors d’une soirée. Dans un premier temps, nous vous conseillons de faire l’impasse au maximum sur les jus de fruits et sodas très riches en sucres. Leur composition fera grimper votre glycémie de façon importante, et ce n’est pas ce qu’on souhaite !

  • Si vous souhaitez tout de même boire un jus de fruits, préférez le 100% pur jus. Celui-ci est obtenu uniquement grâce aux fruits pressés et ne contient pas de sucres ajoutés.
  • Si vous avez absolument envie de boire un soda, deux options s’offrent à vous : les sodas dits classiques et donc riches en sucres, et les sodas sans sucres. Ces derniers contiennent des édulcorants, dont l’indice glycémique est de 0 mais qui permettent tout de même de donner un goût sucré à la boisson.

Il existe également des cocktails sans alcool et relativement faibles en sucres dont vous pouvez profiter lors de vos soirées ! Voici une petite recette qui pourrait vous intéresser, issue du blog Recettes pour diabétiques :

Recette de virgin mojito sans sucre :

Ingrédients
  • 1 bouquet Menthe fraîche
  • Sirop de citron sans sucre (marque Tesseire par exemple)
  • Schweppes Zero – sans sucre au citron
  • 3 citrons verts
Étapes
  1. Dans un verre haut, mettez une couche de feuilles de menthe fraîche, une couche de glace pilée , des morceaux de citron vert… arroser avec 5cl de sirop de citron sans sucre et 15cl de Schweppes zéro sans sucre.
  2. Avant de déguster, écraser l’ensemble avec une cuillère…. et décorez avec de la menthe et des tranches de citron vert.

En revanche, si vous souhaitez consommer de l’alcool fort (dans un cocktail par exemple) pendant la soirée, sachez que celui-ci sera hypoglycémiant. Cela signifie par exemple que le mélange d’un rhum-coca sans sucre fera diminuer votre glycémie avec l’alcool, et le coca sans sucre ne sera pas en mesure de l’équilibrer.

Cas n°2 : Les boissons alcoolisées et le diabète

Le gros risque quand on consomme de l’alcool, c’est l’hypoglycémie. Si en plus vous n’aviez pas mangé avant de partir, c’est l’hypo assurée !

L’alcool inhibe les autres fonctions du foie et provoque une résistance à l’insuline

Quand on boit de l’alcool, notre foie le considère comme un poison et va consacrer toute son énergie pour nous en débarrasser. De nombreuses études scientifiques ont déjà étudié ce processus. En effet, pendant que notre foie concentre tous ses efforts à éliminer l’alcool que vous buvez, il n’a plus le temps ni la capacité d’effectuer ses tâches plus classiques, et notamment celle de relâcher du glucose dans votre sang pour réguler votre glycémie. Diabétique ou non, l’alcool peut donc augmenter les effets de l’insuline et provoquer une hypoglycémie plus ou moins sévère. Mais ce n’est pas tout ! En effet, l’alcool provoque également une résistance à l’insuline, celle-ci devient alors moins efficace et régule plus difficilement votre glycémie. En parallèle, ne négligez pas l’impact des boissons très riches en sucres comme les cocktails à base de jus de fruits. Là, le risque d’hyperglycémie à court terme est bien réel et la courbe de glycémie peut facilement être sur de vraies montagnes russes. Il n’est donc pas rare d’enchaîner les hyperglycémies et les hypoglycémies à répétition lors d’une soirée.

Le cas des cocktails, souvent riches en sucres, et le diabète

Coralie : “J’avoue que je fuis la majorité des cocktails comme la peste ! Le mélange de sirops, jus d’orange etc est vraiment le pire pour moi. Mais il existe aussi des cocktails qui auront un impact moins important comme le mojito par exemple. Certes, il contient du sucre, mais on est sur une base de rhum et d’eau pétillante, pas de jus de fruits !”

En effet, les cocktails et mélanges à base de jus de fruits ou sodas sont très riches en sucres. Mais il faut aussi prendre en compte l’alcool fort qu’ils contiennent et qui, lui, aura l’effet inverse sur la glycémie. En effet, les alcools purs et forts de type vodka, gin et whisky font baisser la glycémie, ce sont des alcools dits hypoglycémiants. Dans ce cas-là, attention au risque d’hypoglycémie ! Autrement dit, si vous buvez un whisky-coca, ne vous alarmez pas immédiatement en vous faisant un bolus. Essayez d’abord de voir l’effet qu’aura la combinaison de l’alcool hypoglycémiant et du soda hyperglycémiant sur votre glycémie.

quatre verres cocktails alcool sur un bar
Les autres boissons alcoolisées, moins riches en sucres, et le diabète

Coralie : “Je vais toujours favoriser le vin plutôt que la bière, parce que je sais que la bière me fera monter très vite. Après, je ne m’empêche pas d’en boire une si j’en ai envie, mais je sais que je devrai me faire un petit bolus, alors que je n’en aurai pas besoin si je prends du vin. Je préfère vraiment le vin blanc sec et le vin rouge parce qu’ils me font presque baisser la glycémie.”

Récapitulatif des boissons quand on est diabétique

Les alcools forts (tequila, gin, rhum, vodka, whisky et autres) sont généralement pauvres en glucides. Comme ils ne se boivent pas seuls, le secret réside dans le soft avec lequel vous l’accompagnerez

Les vins secs et les vins mousseux bruts contiennent moins de glucides que leurs homologues plus doux. Méfiez-vous donc des vins doux comme le muscat ou le porto, bien plus riches en glucides. 

Le cas des bières est un peu plus ambigu. Vous pouvez toujours lire l’étiquette avec les valeurs nutritionnelles et décider si le nombre de glucides est trop élevé ou non selon vous.

Tableau récapitulatif des glucides dans vos boissons

Boissons Volume (ml) Glucides (g) Calories (kcal)

Boissons avec alcool

Bière standard (5%)
330
10
148
Champagne brut
125
5
115
Cidre brut
250
6
76,5
Cidre doux
250
8
67
Gin
30
0,3
8,04
Whisky
30
0
66,3
Pastis pur
25
0,7
69,3
Vin sec (19%)
120
2
134
Vin doux (19%)
120
8
158
Vin rouge (12%)
125
2
82
Vin blanc (12%)
125
1
82
Mojito
300
20,4
214
Pina colada
300
17,4
277
Caipirinha
300
50,1
323

Boissons sans alcool

Bière sans alcool
330
26
105
Cola
35
139
0
Jus de pomme
200
23,8
95
Jus multifruits
200
24
98

Ne pas négliger l’impact de l’activité physique sur la glycémie !

Et puis, il faut aussi penser à l’effet que va avoir l’activité physique pendant la soirée sur la glycémie ! En effet, vous allez sans aucun doute marcher et sûrement même danser, ce qui fera diminuer votre glycémie. À vrai dire, le simple fait de rester debout pendant des heures aura un impact ! Coralie nous illustre ça par un exemple : 

Coralie : “J’ai un exemple tout frais de ce matin : j’ai marché 4 km pour aller à un rendez-vous, et je n’ai même pas eu besoin de me faire un bolus après avoir mangé un pain au chocolat. Je ne suis pas du tout une grande sportive, mais à ma petite échelle, je sais que dès que je marche par exemple, le sucre descend automatiquement.”

Comment l’activité physique peut-elle faire baisser la glycémie?

Depuis quelques années, de nombreuses études ont déjà pu prouver l’effet hypoglycémiant de l’activité physique. Cela s’explique par le fait que notre corps a besoin d’énergie, d’autant plus lors d’une activité physique. En consommant plus d’énergie, et donc plus de sucres, celui-ci sera utilisé sans avoir eu le temps d’être stocké et d’avoir fait grimper la glycémie. 

Quand est-ce qu’on surveille sa glycémie?

Prendre le temps de vérifier sa glycémie pendant la soirée

Tout au long de la soirée, Coralie ne manque pas de garder un œil sur sa glycémie. Elle nous raconte : 

Coralie : “De façon générale, je checke beaucoup parce que je sais que les soirées sont synonymes d’imprévisibilité, et le diabète n’aime pas du tout ça. Donc j’ai l’impression de devoir le suivre encore plus que les autres jours quand je suis en soirée. On profite, on profite, puis il y a un moment où on est coupé avec une sorte d’alarme dans la tête qui dit “Oh, je suis à combien ?!”. Et à ce moment là, je fais une pause bolus ou resucrage.”

Partie 3 : Après la soirée

Dès qu’on rentre, vérifier systématiquement sa glycémie et adapter pour ne pas s’endormir en hypo

Coralie : “Quand je rentre, j’ai toujours un phénomène de chute post-soirée. C’est la même chose à chaque fois, et bien souvent ça se finit en hypoglycémie. À de nombreuses reprises, je me souviens être rentrée de soirée, voir toutes mes copines s’affaler puis s’endormir. Pendant ce temps, je suis encore éveillée en train de boire mon jus de fruits pour essayer de corriger la trajectoire !”

Zoom sur cette chute de la glycémie après une soirée

Cette chute post-soirée systématique dont nous parle Coralie s’explique par plusieurs facteurs ! Dans un premier temps, il faut comprendre que la consommation d’alcool peut s’avérer être une bombe à retardement d’hypoglycémie, qui peut survenir dans les 24h après la consommation d’alcool. Pas étonnant donc d’avoir une chute de la glycémie en fin de soirée, voire même au réveil lendemain matin. Nous vous en parlions plus haut, dans le point sur les boissons alcoolisées. Pour rappel, lorsque nous consommons de l’alcool, notre foie met toute son énergie à l’éliminer et n’est donc plus en mesure d’assurer ses autres fonctions. Il ne libère donc plus le sucre dans le sang comme à son habitude, l’insuline a donc un effet démesuré et peut provoquer une hypoglycémie. En parallèle de cet effet, l’alcool provoque une résistance à l’insuline. La glycémie se comporte donc de façon différente lorsqu’on boit de l’alcool et il est primordial d’y accorder une attention particulière.

Pendant la nuit, avoir un système d’alarme ou bien mettre des réveils pour vérifier que tout va bien

Coralie : “Une fois que ma glycémie est stabilisée, j’ai tendance à m’endormir paisiblement parce que je porte le Bubble, un lecteur de glycémie en continu. Je sais que s’il y a un problème, il va sonner et me réveiller. Mais bien sûr, si je ne l’ai pas, je me réveillerai souvent pour vérifier !”

réveil sur fond rose et bleu

Le lendemain, quel est l’impact d’un réveil tardif ?

Coralie : “D’une façon générale, j’ai des réglages de basale spécifiques pour le week-end parce que je sais que je dors beaucoup plus. Par exemple, je vais mettre une dose plus importante pour réguler jusqu’à 11h, alors que pendant la semaine elle s’arrête à 8h. Alors bien sûr je ne mettrai pas mon réveil à 11h parce que la basale se termine, mais je sais que au moins, j’ai sauvé quelques heures avec cette basale adaptée du week-end.” En effet, le matin, deux schémas sont possibles : l’hyperglycémie ou l’hypoglycémie

En cas d’hypoglycémie au réveil

Soit vous serez en hypoglycémie puisqu’elle peut survenir dans les 24h après l’absorption d’alcool. Pensez à prendre une collation avant de vous endormir pour prévenir l’hypoglycémie nocturne (comme Coralie). Vous pouvez aussi discuter avec votre médecin qui vous conseillera peut-être de revoir vos doses d’insuline à la baisse exceptionnellement. Par ailleurs, profitez du moment de répis avant de vous endormir pour boire de l’eau ! L’alcool déshydrate énormément et c’est en partie cette déshydratation qui induit la fameuse “gueule de bois” du lendemain. 

En cas d’hyperglycémie au réveil

Soit vous serez en hyperglycémie puisque l’effet de l’insuline à action intermédiaire sera écoulée à cause de votre réveil tardif. Dans ce cas là, deux solutions sont possibles (et éventuellement possibles à combiner) : soit vous retardez la prise de votre injection d’insuline intermédiaire le soir-même de la soirée, soit vous prenez une quantité plus importante le soir-même de la soirée pour prolonger son temps d’action puisque vous savez déjà que vous vous réveillerez plus tard qu’habituellement. Quoi qu’il en soit, parlez-en toujours à votre médecin avant de prendre une décision !

Partie 4 : Zoom sur les sorties imprévues

Les questions à se poser avant de prendre une décision

Jusqu’ici, nous vous parlions de la situation dans laquelle vous saviez, suffisamment à l’avance, que vous alliez sortir et potentiellement boire de l’alcool. Mais il arrive aussi que des sorties imprévues s’intercalent et viennent vous occuper le temps d’une soirée. Dans ce cas, écoutez-vous avant tout. Dans un premier temps, demandez-vous si vous en avez envie, si vous êtes suffisamment en forme et si vous n’avez rien de trop important le lendemain. Pour rappel, une hypoglycémie peut survenir dans les 24h après l’ingestion d’alcool et pourrait s’avérer d’autant plus dangereuse si vous avez une activité sportive importante prévue le lendemain par exemple. 

Ce à quoi il faut penser si vous décidez d’y aller

Dans un second temps, si vous avez pris la décision d’y participer, emportez tout le matériel nécessaire avec vous. Soyez raisonable et n’oubliez pas tout ce dont vous avez besoin pour corriger votre glycémie et faire votre insuline. Ensuite, prenez en compte votre glycémie actuelle. Vous êtes au bord d’une hypo ? Emportez quelque chose à manger avec vous ou commencez par boire un coca quand vous arriverez sur place. Si, au contraire, votre glycémie est dans la courbe, réfléchissez au moyen de déplacement. Pensez au fait que si vous y allez en marchant, votre glycémie baissera quand vous serez arrivé à destination. D’une façon générale, une sortie imprévue ne doit pas être synonyme de danger. Mettez-vous dans les meilleures conditions possibles pour vous amusez tout en gardant un œil vigilant sur votre glycémie avant, pendant et après la soirée. 

Les mauvaises expériences : quand alcool et diabète ne font pas bon ménage

Les montagnes russes d'hyperglycémies et d'hypoglycémies

Coralie : “Ma première mauvaise expérience avec l’alcool et le diabète, c’est quand j’étais en Erasmus à Dublin. Je me souviens avoir eu de nombreuses hypoglycémies à répétition, sans parvenir à remonter. Pourtant j’avais mangé des sucres lents (des pâtes) avant de partir, mais rien n’y faisait. Je dansais, je tombais en hypo. Je prenais un coca, il ne me remontait jamais assez le taux de sucre, … Au bout de 3 hypos, je me suis décidée à rentrer. Je n’ai jamais su pourquoi mon corps avait réagi comme ça ! J’étais déçue parce que cette soirée-là, j’ai eu l’impression que le diabète avait gagné, qu’il m’avait fatiguée, qu’il m’avait empêché de profiter de cette soirée. « 

Les nausées d'acétone

Coralie : « Plus récemment, j’ai eu une toute autre expérience. J’avais fait une bonne soirée, et le lendemain je me sentais nauséeuse. Je ne voulais rien avaler et j’ai eu la très mauvaise idée de ne pas manger. À partir de là, la nausée post-soirée s’est transformée en nausées d’acétone. Depuis cette fois-là, je me suis promise de toujours manger quelque chose le lendemain, même si je me sens nauséeuse, pour éviter que cette nausée post-soirée ne se transforme en nausée d’acétone !”

Et oui, car la production d’acétone peut être la conséquence de deux causes différentes. En tant que diabétique, la cause qui vient naturellement à l’esprit est celle d’un arrêt de la pompe. En effet, si votre pompe ne fonctionne plus, elle ne vous délivre plus d’insuline et votre foie va alors compenser en produisant de l’acétone. Mais le corps produira également de l’acétone si vous ne lui donner pas à manger et que vous restez longtemps à jeun. C’est le même processus qui s’enclenche, votre foie va compenser un manque d’énergie et produire de l’acétone.

Alcool et diabète : Les conseils de Coralie et Max de Génie pour passer vos meilleures soirées

D’abord, ne laisse pas le diabète prendre le dessus et t’empêcher de t’amuser. Apprends à vivre avec, mais ne le laisse pas ruiner tes soirées. Plus tu te renseigneras sur le diabète, plus tu apprendras à te gérer et mieux tu pourras profiter du moment !

Emporte TOUJOURS, sans aucune exception, ton matériel avec toi. Au moins le strict minimum ! Pense toujours à avoir du sucre sur toi, et de quoi contrôler et faire baisser ta glycémie. N’oublie pas que peu importe toute ta bonne volonté, tu ne peux pas toujours maîtriser ton environnement. Tu ne pourras peut-être pas accéder au bar rapidement en cas d’urgence ! 

Ne pars jamais l’estomac vide, surtout si tu sais que tu consommeras de l’alcool durant la soirée !

Sois toujours accompagné d’une personne de confiance qui sait que tu as du diabète et qui saura avoir de bons réflexes. Pas la peine de stresser toute ta bande d’amis, mais désigne au moins une personne qui pourra te demander simplement de temps en temps si tout va bien, si tu as besoin d’un coca ou autre. Ne reste pas seul dans un stress qui pourrait être épaulé !

Retiens que les alcools forts de façon générale feront baisser ta glycémie. Si tu en consommes, sois vigilant au soft avec lequel tu l’accompagneras.

Enfin, ne te prive pas et ne te frustre pas. D’une façon générale, les soirées sont assez rares pour te permettre de temps en temps d’avoir une petite hypoglycémie ou une hyperglycémie. Bien sûr, tu ne dois pas rester dans cette mauvaise posture, mais ne t’alarme pas à la moindre variation.

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