Comment Déchiffrer Les Labels Alimentaires De Nos Produits

Vous avez l’habitude de voir des labels alimentaires en faisant vos courses, sans vraiment comprendre ce qu’ils veulent dire? On est là pour vous éclairer ! Vous voulez connaitre la différence entre le label AB et l’Eurofeuille? Vous n’y comprennez rien aux abbréviations STG, IGP, AOP, … ? Alors lisez cet article et ces labels alimentaires n’auront plus aucun secret pour vous !

Si vous souhaitez devenir expert, lisez aussi notre article sur comment déchiffrer les étiquettes de vos produits !

Parce que comprendre ce qu’ils impliquent, c’est faire des achats plus responsables et opter pour une consommation plus éclairée. 

Les labels alimentaires bio

1. Label AB (Agriculture Biologique) et Eurofeuille (Bio Européen)

Labels AB et Eurofeuille

Dans un premier temps, il faut savoir que depuis 2010, le label bio français AB (à droite) repose sur les mêmes exigences que le label européen Eurofeuille (à gauche). D’ailleurs, seul le label européen est obligatoire, mais les marques continuent d’afficher le label français car il est très connu des consommateurs. 

Ce label AB – agriculture biologique – est très répandu dans nos rayons. Mais savez-vous vraiment ce qu’il signifie? 

Ce label répond au cahier des charges de l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité), ce qui garantit que les producteurs et les autres intermédiaires suivent scrupuleusement le cahier des charges imposé par la zone euro.

Le producteur :

Les ingrédients doivent être d’origine bio, mais pas seulement ! Ceux-ci ne doivent pas porter de traces de pesticides ni d’engrais chimiques de synthèse. Ils ne peuvent pas non plus contenir d’OGM, bien qu’il y ait un seuil de tolérance de 0,9%. Les animaux ne peuvent recevoir aucun traitement hormonal, et les antibiotiques sont limités (pas interdits). Au-delà de ces critères, d’autres éléments tels que la préservation des ressources naturelles, la biodiversité et le bien-être animal sont aussi pris en compte. Pour les mesurer, l’INAO prend notamment en compte l’espace des bâtiments agricoles et la possibilité pour les animaux d’accéder à un espace extérieur. 

Les intermédiaires :

Pour pouvoir apposer le label sur son produit, tous les opérateurs doivent notifier leur activité à l’Agence bio et suivre scrupuleusement un cahier des charges. Parmi ces opérateurs, on peut compter les transformateurs, grossistes, …. Ceux-ci seront contrôlés, chaque année, par des certificateurs indépendants. Ainsi, tout au long de la filière, les procédés doivent respecter l’environnement et les animaux

Le cas des produits transformés :

Pour pouvoir apposer le label sur son produit transformé et promouvoir son produit comme étant bio, il faut qu’un minimum de 95% des ingrédients soient certifiés biologiques. Sous ce seuil, les termes “biologique” ou “bio” ne peuvent apparaître que dans la liste des ingrédients. En d’autres termes, cela signifie qu’un produit transformé peut contenir jusqu’à 5% d’ingrédients non-bio. Cela permet notamment d’avoir une petite marge pour ajouter des ingrédients qui ne peuvent pas détenir le label biologique, tels que le sel ou encore le bicarbonate de sodium.

2. Les certificats bio : Demeter

Pour combler les faiblesses du label AB jugé parfois trop laxiste suite à l’allègement des mesures en 2010, de nouveaux certificats bio indépendants ont vu le jour. Parmi eux, le certificat Demeter. Il en existe d’autres tels que “Nature & progrès” ou “Bio Cohérence” mais nous avons choisi de ne parler que d’un seul. 

Le certificat Demeter respecte au moins tout le cahier des charges du label Eurofeuille, mais en ajoutant des notions. Ainsi, celui-ci est basé sur l’agriculture biodynamique et intègre donc la prise en compte des sols pour obtenir des aliments de qualité. Les aliments sont donc plantés selon le mouvement des astres. De plus, les sols sont préparés et nourris avec des mélanges tels que le compost de bouse. Ce certificat comprend également la reproduction uniquement naturelle des animaux

Label DEMETER

Les labels alimentaires de la qualité

1. Le label rouge

label rouge

Ce label, qui existe depuis 1960, est un indicateur national de la qualité supérieure d’un produit. En effet, il atteste que le produit en question répond à un niveau de qualité plus élevé que le produit courant

Pour bénéficier de ce label, les produits sont régulièrement contrôlés afin de veiller à la traçabilité et au mode de production. Ces vérifications sont faites par un organisme indépendant, certifié par l’INAO. Les produits sont aussi régulièrement comparés à des produits équivalents pour attester de la qualité du produit. 

La qualité supérieure repose donc sur plusieurs éléments, selon la catégorie de produit. Ces critères sont notamment mesurés grâce à des analyses sensorielles et des tests organoleptiques. Ainsi, les conditions de production ou de fabrication doivent se distinguer des produits équivalents. L’image et le goût du produit doivent aussi être supérieurs à ceux du produit courant équivalent. 

Attention toutefois que tous les cahiers des charges ne se valent pas! Il est donc malheureusement possible d’obtenir le label pour des produits qui ne sont pas aussi qualitatifs qu’on le souhaiterait.

2. Bleu - blanc - coeur

Cette association a à cœur de lutter contre les maladies telles que l’obésité, le diabète, le cancer, etc grâce à une meilleure alimentation des animaux. Elle se base sur un principe simple selon lequel “quand les animaux sont bien nourris, l’homme se nourrit bien”. A travers cela, l’association souhaite garantir des produits de meilleure qualité nutritionnelle

Dans notre alimentation actuelle, l’équilibre d’Oméga 6 et d’Oméga 3 n’est pas optimal. En effet, nous consommons trop d’Oméga 6 et nous manquons d’Oméga 3. En remettant au cœur de l’alimentation du bétail des ingrédients tels que les graines de lin, l’association permet aux animaux d’être en meilleure santé. Cela se traduit notamment par la réduction, voire l’élimination, du besoin de médicaments et d’antibiotiques. Au-delà de ça, les produits fournis par les animaux tels que le lait, les œufs et la viande seront plus riches en Oméga 3. Ce meilleur taux nous permet de lutter contre le mauvais cholestérol et les maladies cardiovasculaires.

Label bleu-blanc-coeur

3. Commerce équitable : Fairtrade / Max Havelaar

Label Fairtrade Max Havelaar

Le certificat le plus connu en ce qui concerne le commerce équitable est sans doute celui de Fairtrade / Max Havelaar. 

Celui-ci garantit plusieurs conditions :

  • La fabrication du produit a été réalisée dans le respect des droits de l’Homme. Cela se traduit en banissant le travail des enfants notamment
  • Que le produit a été réalisé dans le respect de l’environnement. Cela se traduit notamment par l’interdiction d’usage des OGM, en pratiquant un usage raisonné de pesticides et dans le respect des ressources naturelles telles que l’eau
  • Qu’il a été acheté à un prix correct au producteur. Cette rémunération lui garantit ainsi un niveau de vie correct et une autonomie 

Si la démarche est honorable, nous devons tout de même préciser que l’association est décriée depuis quelques années pour avoir ouvert ce label trop largement, notamment aux grands groupes de la grande distribution. Certaines incohérences ont alors fait surface, comme la possibilité de boire un café Max Haavelar au sein de l’enseigne Mac Donald’s, alors qu’elle est connue pour certaines de ses pratiques sociales controversées. 

Les labels alimentaires d’appellation d’origine

Les labels d’appellations d’origine, qu’elles soient contrôlées ou protégées, sont basés sur la notion de terroir. A ce titre, le terroir est considéré comme une zone géographique au sein de laquelle une production est réalisée en respectant des spécificités précises. Issu d’un savoir-faire local, traditionnel et historique, le produit qui possède une appellation d’origine est typique et original.

1. Appellation d’origine contrôlée (AOC)

L’AOC, ou appellation d’origine contrôlée, est un  label qui concerne la fabrication du produit dans le respect du savoir-faire lié à une zone géographique (terroir). 

Très proche de l’AOP, ou appellation d’origine protégée, l’AOC désigne les produits dont la dénomination est protégée sur le territoire français. Cette mention fait office de tremplin avant d’obtenir la protection européenne (AOP) et concerne aussi les produits qui ne pourront pas être protégés de façon européenne (comme le bois par exemple).  

Il existe cependant un cas particulier pour le label AOC : les vins, cidres et eaux-de-vie. Dans ce secteur, la mention AOC est considérée comme traditionnelle. Cela signifie que les produits peuvent être reconnus et protégés au niveau européen (donc AOP) sans en porter officiellement la mention. C’est le seul cas où un produit qui bénéficie de l’appellation d’origine protégée n’est pas obligé de remplacer le label AOC par le label AOP.

Label AOC

En guise d’exemple : le cidre du Cotentin AOC, le Champagne AOC, le Chablis AOC…

2. Appellation d’origine protégée (AOP)

Label AOP

Vous l’aurez compris, l’appellation d’origine protégée (AOP) est l’équivalent européen de l’AOC. Cela signifie que la production, la transformation et l’élaboration doivent avoir été faites dans une zone géographique bien précise, grâce à des techniques et un savoir-faire traditionnels. Un produit qui porte ce label est donc reconnu et protégé au niveau européen comme étant un produit du terroir, ce qui permet de protéger les produits de toutes contrefaçons et imitations. 

Pour pouvoir apposer le label AOP, le produit devra nécessairement obtenir le label AOC dans un premier temps. Ensuite il devra être validé et enregistré par la Commission Européenne. Dès lors, le logo AOC doit être enlevé et remplacé par le label AOP.

Quelques exemples : Les noix de Grenoble AOP, la feta AOP de Grèce, le Gorgonzola AOP d’Italie, … 

Les labels alimentaires liés à la zone géographique

1. L'Indication Géographique Protégée (IGP)

Le label IGP signifie Indication géographique protégée. Moins exigeant que le label AOP, il permet toutefois d’identifier un produit dont la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques sont liées à son origine géographique. l’IGP est également lié au savoir-faire d’un territoire et est une indication au niveau européen

Comme pour d’autres labels, des règles précises sont écrites dans un cahier des charges. Le respect de celles-ci est contrôlé par des organismes indépendants agréés par l’INAO. Toutefois, les conditions de ce label sont moins strictes que celles de l’AOP. En effet, ici, seule une étape parmi la production, la fabrication ou l’élaboration doit avoir lieu dans la zone

Label IGP

Quelques exemples : Jambon de Bayonne IGP, pruneau d’Agen IGP, mogette de Vendée IGP, sel de Guérande IGP, Café de Colombia IGP, … 

Les labels alimentaires liés à la recette

1. La Spécialité Traditionnelle Garantie (STG)

Label STG

Le label STG, ou spécialité traditionnelle garantie, atteste qu’un produit a été conçu en suivant une recette traditionnelle. Ce label européen garantit donc qu’un produit alimentaire a été réalisé dans le respect de la recette ancestrale, sans rien indiquer sur le lieu de production. En effet, la garantie s’applique uniquement aux méthodes de fabrication et à la composition du produit. Il ne garantit donc pas que la fabrication du produit ait un lien avec son origine géographique. En d’autres termes, une mozzarella STG peut tout à fait avoir été produite à l’autre bout du monde.

Quelques exemples : La mozzarella STG d’Italie, les moules de Bouchot STG, le jambon Serrano STG, …

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